De la drogue dans nos assiettes: enquête sur les dealers de l’agro-alimentaire

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De la drogue dans nos assiettes: enquête sur les dealers de l’agro-alimentaire

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Remy Burkel  – coauteur, coréalisateur et présentateur de cette enquête

est à la fois français et américain. En matière de nutrition, il est donc détenteur d’une double culture – celle du fast-food et des aliments industriels, et celle de la fine gastronomie de chez nous, qu’il assure apprécier au moins autant. Ce cruel dilemme le conduit, en de multiples allers-retours, à nous transporter des deux côtés de l’Atlantique au gré de ses interviews et reportages. 

Laboratoires de recherche, usines à malbouffe, marchés paysans, etc., tout y passe : 

 rien ne manque à cette grande enquête (qui a duré deux ans), sauf… la participation des géants de l’agrobusiness, genre Nestlé, Danone ou Kraft Food, qui ont tous refusé de répondre à la moindre question. Comme s’ils avaient des choses à cacher… Et, en effet, l’enquête le démontre, ils ont énormément de choses à cacher – alors même que 80 % des aliments que nous consommons sortent de leurs usines.

Comment a-t-on pu en arriver là ?

Quels sortilèges peuvent bien expliquer notre irrésistible attirance pour cette “junk food ” industrielle ? Est-il vraiment normal et utile que les hypermarchés proposent jusqu’à 91 variétés différentes de yaourts ? Certains des aliments offerts à notre sotte convoitise “contiennent jusqu’à 50 composés chimiques différents”, constate un expert. Lequel ajoute : “Notre cerveau n’a jamais été préparé à ça”. A force d’analyser ces innombrables saveurs imprévues, notre cerveau perd la tête. Et tel est bien le but poursuivi – ceci au nom des actionnaires en attente de profits à 15 % l’an, et au mépris de la santé publique.
Sous prétexte de défendre la liberté des consommateurs, nous nous sommes enfermés dans une société où personne n’a plus le choix”, dit un sociologue. Les études scientifiques indépendantes le démontrent toutes : le cocktail “gras/salé/sucré” est addictif. Tel une drogue comme la cocaïne, il illumine les images ”caps”>IRM du cerveau par activation des centres de plaisir. “Pourquoi du sucre dans les carottes râpées ?”, s’interroge un addictologue. Réponse : pour nous rendre accros, et nous détourner des carottes fraîches. “C’est ainsi que les dealers fidélisent leur clientèle.”


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