Alcool, cocaïne, caféine : que contient vraiment le Coca-Cola ?

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Alcool, cocaïne, caféine : que contient vraiment le Coca-Cola ?

lesinrocks.com

Un monde sans drogues n’existe pas

27/06/2012
Bouteilles de Coca-Cola dans une usine aux Etats-Unis (Reuters)
Bouteilles de Coca-Cola dans une usine aux Etats-Unis (Reuters)

Ainsi donc, le Coca-Cola (comme beaucoup d’autres colas) contient d’infimes traces d’alcool. La polémique n’est pas nouvelle, mais elle a rebondi ce mercredi avec la publication par 60 millions de consommateurs d’une enquête intitulée : “Coca, Pepsi et autres colas : ces ingrédients qu’on vous cache”. Entre autres conclusions, celle-ci fait polémique:

“Pour clore une rumeur persistante sur la présence d’alcool dans les colas, les ingénieurs de 60 Millions ont réalisé leurs propres dosages. Résultat ? Près de la moitié des colas testés contiennent de l’alcool – à des doses cependant très faibles (moins de 10 mg d’éthanol par litre, soit près de 0,001 %).”

Des quantités négligeables donc, puisque l’Etat considère qu’une boisson est alcoolisée lorsqu’elle contient plus de 1,2% d’alcool. Par ailleurs, Coca-Cola a toujours reconnu que ses produits contenaient des traces d’alcool liées à la présence de certains fruits et arômes. Une transparence qui n’est pas de mise pour tous les ingrédients de la formule -toujours secrète-, notamment les feuilles de coca à propos desquelles le fabriquant n’est pas particulièrement à l’aise. Petit retour en arrière.

Tout démarre en 1885, lorsqu’un ancien soldat confédéré, le lieutenant John Pemberton, pharmacien dans le civil et, dit-on, morphinomane à cause d’une mauvaise blessure de guerre, met sur le marché son Pemberton French Wine Coca. La recette n’est que la copie du blockbuster de l’époque: le vin Mariani. Une décoction de feuilles de coca et de Bordeaux inventée en France et très appréciée du pape Léon XIII ou de la reine Victoria. Le Cocao-Cola est alors bien une boisson alcoolisée et psychotrope mais considérée comme un médicament miracle, notamment pour la lutter contre la dyspepsie (d’où le nom du principal concurrent apparu en 1893 : Pepsi).

Mais en 1886, le conseil municipal d’Atlanta, où est implanté Pemberton, décide de la prohibition de l’alcool. Qu’à cela ne tienne: le pharmacien retire le vin de sa formule tout en conservant la coca et la noix de cola. La formule fait mouche mais Pemberton n’en profite pas puisqu’il meurt deux ans plus tard. La firme, elle, lui survit.

A la fin du siècle, c’est au tour de la cocaïne, alors en vente libre, de faire l’objet de restrictions dans une Amérique de plus en plus hygiéniste. En 1901, la ville d’Atlanta impose la vente sur ordonnance de ce produit qui commence à avoir mauvaise presse, associé à la vague de criminalité que connaît le Sud du pays.

Les héritiers de Pemberton tranchent alors la coca en deux. Ils décident de conserver la feuille qui a fait la réputation de leur boisson, mais d’en retirer préalablement le principal agent actif: la cocaïne, naturellement présente dans le végétal. Un contrat est passé avec le laboratoire Schaefer Alkaloïd Works du New Jersey pour procéder à cette décocaïnisation. Le Coca-Cola quitte alors les rayons des pharmacies pour devenir la simple boisson rafraichissante que l’on connaît aujourd’hui.

Mais en 1961, la feuille de coca est interdite dans le monde entier suite aux pressions des Etats-Unis. Une interdiction qui ne perturba pas les juteuses affaires de la firme d’Atlanta. En effet, parmi les seuls laboratoires à pouvoir continuer à importer des feuilles aux Etats-Unis figure Schaefer Alkaloïd Works, dont le client quasi exclusif est Coca-Cola. La cocaïne extraite, elle, sert à la recherche médicale. Un commerce qui se fît dans la plus grande discrétion jusqu’à la fin des années 90 où la presse s’intéressa à l’affaire.

Régulièrement interrogée sur la présence de cocaïne dans sa boisson, la firme répond invariablement qu’elle n’achète pas elle-même de feuilles de coca (ce qui est vrai puisqu’elle passe par un intermédiaire qui lui livre un produit chimique transformé) et qu’elle n’a jamais ajouté de cocaïne dans sa formule (ce qui est également vrai puisque la cocaïne était à l’origine naturellement présente dans les feuilles). Reste que Coca-Cola est, aujourd’hui encore, le principal importateur mondial de feuilles de coca, comme l’ont confirmé les autorités péruviennes et boliviennes, où sont cultivées les sulfureuses feuilles.

Enfin, la caféine, naturellement contenue dans les noix de kola, fit elle aussi l’objet de débats au début du siècle. En 1911, le gouvernement fédéral intenta ainsi une action en justice pour forcer Coca-Cola à se passer de caféine, et donc de noix de kola. En vain. Mais l’année suivante, le Pure food and drugs act fut tout de même modifié pour obliger les fabricants de produits contenant de la caféine à le préciser sur l’étiquette

De la caféine donc, de la coca mais pas de cocaïne. Quant à l’alcool, selon l’étude de 60 millions de consommateurs, vous pouvez toujours l’éviter en buvant d’autres colas puisque 9 des 19 marques testées n’en contenaient pas (Carrefour classic et light, Super U, Auchan, Cora, Casino, Leader Price, U-Man Cola).

Arnaud Aubron

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